Odeur de cannabis : des citoyens se plaignent

Odeur de cannabis : des citoyens se plaignent

Jeffrey Perron, B.Sc.G.

Chargé de la recherche et du développement des produits, BioService Montréal

 

Les odeurs provenant des productions de cannabis sont à l’ordre du jour des municipalités Ontariennes depuis presque un an déjà. Au Québec, c’est une municipalité des Laurentides qui a lancé le débat en début d’année. 

En avril, le maire de la ville de Mirabel, Jean Bouchard, confiait à Marie-Eve Cousineau de Radio-Canada, qu’il recevait de 5 à 10 plaintes par jour. « Quand les vents dominants ne vont pas d’est en ouest, lorsqu’il n’y a pas de vent, il se peut que les odeurs se propagent vers le centre urbain de Saint-Canut, à 2,5 kilomètres des serres », expliquait-il.

Le problème a poussé les membres du conseil de la ville à adopter une résolution qui interdit temporairement la construction de serres destinées à la culture du cannabis sur son territoire. D’une durée de trois mois, ce moratoire donnera le temps à la municipalité d’évaluer différentes options pour éviter que les citoyens soient incommodés par des odeurs de cannabis.

 

Déjà en Ontario

 

En juin 2018, Mat Vaughan, planificateur principal du comté de Norfolk en Ontario, écrivait dans un article de blog de l'Ontario Professional Planners Institute: «Pouvez-vous imaginer vivre près de 10 000 mouffettes? Pour certains résidents de l'Ontario, c'est leur nouvelle réalité.»

M Vaughan déclarait dans son article que trois propriétaires au moins avaient mis en vente leurs propriétés et que dans ce comté Ontarien les politiciens traitent régulièrement les plaintes des citoyens dont les vêtements, les maisons et les voitures sentent le cannabis et dont les enfants doivent aller à l'école et sentir l'odeur de pot. 

Le Conseil municipal a réagi en adoptant une réglementation concernant les distances entre les installations de production et les propriétés voisines, tout en sachant que ceci ne pouvait pas résoudre le problème et que les spécialistes de la neutralisation des odeurs devaient se pencher rapidement sur la question.

À Kingsville, toujours en Ontario, après des mois de recherches, de réunions et de consultations publiques, le conseil municipal a déterminé que les installations de production de cannabis allaient devoir utiliser des systèmes de filtration pour contrôler les odeurs et qu’il ne fallait pas simplement se contenter d’employer des agents de masquage d'odeurs chimiques.

 

Des solutions déjà éprouvées

 

Pour Jeffrey Perron, responsable de la recherche et du développement des technologies de neutralisation des odeurs chez BioService, il ne fait aucun doute qu’il faut se tenir loin des produits masquants chimiques qui ne donnent qu’une apparence de solution et peuvent parfois engendrer d’autres problèmes. Pour lui, les producteurs de cannabis doivent utiliser des solutions déjà éprouvées comme l’encapsulation de composés qui présente de nombreux avantages dont, entre autres, celui d’être totalement biologique. 

«Il est clair qu’il ne faut pas laisser sortir l’odeur de la serre mais on ne veut pas non plus que la serre devienne irrespirable pour les employés, ajoute-t-il, c’est pourquoi nous étudions actuellement un ensemble de techniques et de produits spécifiquement adaptés à ce type de culture. Nous avons résolus des problèmes beaucoup plus complexes et nous sommes heureux aujourd’hui de pouvoir encore une fois avoir la chance de permettre à des industriels de créer des emplois et à des communautés urbaines de ne pas avoir à supporter des nuisances qui viennent gâcher la vie des citoyens.»

Ce dossier n’est pas terminé et nous invitons les lecteurs qui aimeraient apporter leur contribution à nous contacter à bertrand@odomag.com


Sources
http://tiny.cc/o7lc7y
http://tiny.cc/73mc7y
http://tiny.cc/g4nc7y
http://tiny.cc/c8oc7y